Sama Angèle Dabiret soutiendra sa thèse intitulée "Durabilité de géotextiles en chanvre pour les infrastructures routières" le mardi 3 novembre à 9 heures.
La soutenance aura lieu dans l'amphithéâtre Maurice Gross (Université Gustave Eiffel, Bâtiment Copernic, 5 boulevard Descartes, 77420 Champs-sur-Marne). Pour celles et ceux qui ne pourront pas se déplacer, la soutenance sera également accessible en visioconférence via Zoom :
Lien Zoom : https://univ-eiffel.zoom.us/j/83726217456
ID de réunion : 837 2621 7456
Mot de passe : YCvXELu5
Le jury est composé de :
- Laurent BRIANÇON, Professeur des universités, INSA Lyon (Rapporteur)
- Damien SOULAT, Professeur des universités, ENSAIT Roubaix (Rapporteur)
- Alain BOURMAUD, Ingénieur de recherche, HDR, IRDL Lorient (Examinateur)
- Amandine CELINO, Maîtresse de conférences, GeM Nantes (Examinatrice)
- Laetitia VAN SCHOORS, Directrice de recherche, Université Gustave Eiffel (Directrice de thèse)
- Philippe REIFFSTECK, Directeur de recherche, Université Gustave Eiffel (Co-directeur de thèse)
- Philippe MAILLER, Chef de Projet Qualité Méthode, IFTH (Invité)
- Frédéric ROURE, Président fondateur de GEOCHANVRE (Invité)
Résumé :
Les géotextiles sont des matériaux textiles perméables utilisés dans les infrastructures routières pour assurer diverses fonctions comme celles de séparation et de filtration. Ils sont majoritairement fabriqués à partir de polymères synthétiques tels que le polypropylène, dont la très longue durée de vie n'est pas toujours adaptée aux ouvrages temporaires. Dans un contexte de préoccupations environnementales croissantes, les géotextiles biosourcés à base de fibres végétales constituent une alternative grâce à leur faible impact environnemental et leur biodégradabilité. Toutefois, leur utilisation pour des applications routières reste limitée par une connaissance encore insuffisante de leur comportement en service, des mécanismes gouvernant leur vieillissement et de leur durée de fonctionnement dans les ouvrages. Cette thèse, réalisée dans le cadre du projet ANR GEONAT en collaboration avec l'Université Gustave Eiffel, l'Institut Français du Textile et de l'Habillement, Géochanvre et Vinci Construction, vise à évaluer le potentiel de géotextiles non tissés constitués à 100 % de fibres de chanvre pour assurer des fonctions de séparation et de filtration dans des structures routières temporaires. Une approche expérimentale multi-échelle a été développée afin de reproduire les conditions d'exposition rencontrées en service. Elle combine un vieillissement in situ au sein d'une plateforme expérimentale et des essais de vieillissements en laboratoire dans différents environnements représentatifs. Les évolutions des propriétés fonctionnelles c’est-à-dire mécaniques et hydrauliques ont été étudiées et des caractérisations physico-chimiques, morphologiques et microbiologiques ont permis d'identifier et de mieux comprendre les mécanismes responsables de la perte de performances de ces géotextiles au cours du temps. Les résultats montrent que les conditions hydriques du sol constituent un paramètre déterminant de la durabilité des géotextiles en chanvre. Les environnements non saturés en eau favorisent le développement de microorganismes responsables d'une biodégradation des fibres, conduisant à une diminution rapide des performances mécaniques et hydrauliques. À l'inverse, les conditions saturées en eau limitent ces phénomènes et permettent une meilleure conservation des propriétés fonctionnelles. Les analyses physico-chimiques et morphologiques mettent en évidence les modifications à différentes échelles accompagnant cette dégradation et permettent de relier l'évolution des performances aux modifications chimiques microstructurales et morphologiques intervenant au sein des fibres, des faisceaux de fibre et du géotextile. Une étude microbiologique a par ailleurs permis d'identifier les principaux microorganismes impliqués dans ces processus de biodégradation. Enfin, plusieurs traitements biosourcés destinés à améliorer la durabilité des géotextiles ont été développés et évalués. Les essais réalisés mettent en évidence l'efficacité de certaines formulations, notamment à base de chitosan, pour limiter la colonisation microbienne tout en préservant les propriétés du géotextile. L'ensemble de ces travaux contribue à une meilleure compréhension du comportement des géotextiles naturels en conditions d'utilisation routière et fournit des éléments scientifiques permettant d'estimer leur durée de service, de définir leurs conditions d'emploi et d'accompagner le développement de solutions biosourcées adaptées aux infrastructures routières temporaires.

